une urgence où je mettais les pieds pour la première fois, une urgence que je ne nommerai pas, une urgence on ne peut plus dépersonnalisée où il n’y avait personne à la réception. Des écritaux vissés aux murs (pas des cartons de fortune mais des enseignes permanentes) indiquaient aux patients qu’ils devaient glisser leur carte dans une fente de la vitre d’une réception quasiment blindée. C’était comme dans les libre-service où on va faire le pein d’essence la nuit, à la différence qu’à l’urgence, il n’y avait personne d’assis derrière cette vitre. La réception avait la forme d’un “L” dont toute une partie était cachée derriere les salles d’examen. C’est là que restaient à placotter (on les entendait très bien lorsqu’après neuf heures dans la salle d’attente, nous avons pu entrer dans une des salles d’examen) un grand nombre d’infirmiers et d’infirmières. Le personnel était nombreux : il y avait autant d’infirmières qu’il y avait de patients dans la salle d’attente. Je me suis toujours portée à la défense du personnel hospitalier qui assume un emploi du temps difficile parce que j’ai toujours reçu des soins corrects, mais hier soir je n’en croyais pas mes yeux. Il y a eu bien sûr cet arrêt total d’une heure pour le souper, mais entre 11 heures et 12 h15, tout c’est encore arrêté. Les salles d’examen, où ne rentraient pas plus de deux patients à l’heure durant la soirée, ont été complètement vides pendant plus d’une heure. L’unique médecin de garde était peut-être au chevet d’un patient gravement malade que personne ne pouvait voir, mais je peux vous dire que dans la salle d’attente, les gens n’y comprenaient rien parce que nous avons vu pendant ce temps un si grand nombre d’infirmières sortir, aller fumer dehors, aller prendre une pause, passer devant la vitre en placottant totalement zen et détendues mais sans jamais lever même les yeux sur nous, que nous avions du mal à concevoior la seule explication possible à tout cela : un cas grave qui aurait monopolisé tout le personnel. Si on allait pour des radiographie, il fallait ramener les photos à la réception, où nous devions les glisser dans grande fente aménagée à cet effet dans la porte de verre (blindée???). Les infirmières, qui prenaient détendues leurs cafés dans cette partie du L que nous ne pouvions voir, savait touojours que quelqu’un ramenait ses radio. Dès la personne repartie, une infirmière venait, ouvrait la porte toujours en jasant avec ses collègues, ramassait l’enveloppe et repartait.
Fallait-il partir pour aller à l’urgence de Gatineau? Les autres patients disaient que le temps d’attente y était plus long encore… Et puis nous ne savions pas que cela prendrait autant de temps. Ce n’est que tard en soirée que nous avons appris qu’un tel, qui était là depuis 14 h30, attendait encore, et que tel autre…
Vous direz que j’exagère lorsque je décris l’attitude du personnel hospitalier. Moi-même, lire ça sur le blog d’un autre, je croirais que le patient malcomode et frustré exagère. Mais c’est bien ainsi que cela s’est passé, pendant que tant de gens souffraient dans la salle d’attente.
Ce qui nous a le plus fâché dans cette affaire, ce ne sont pas les 9 heures d’attente mais bien l’horreur de cette urgence inhumaine. Des personnes agées vraiment à bout et qui n’en pouvaient plus ne pouvaient même pas aller demander s’il était possible de retourner chez elles pour revenir le lendemain matin parce que personne n’était assis derrière ce satané guichet de la réception et que bien qu’ils n’étaient aucunement débordées, les infirmiers et infirmières ne voulaient pas nous voir ni être vus de nous. N’était-il pas possible d’être présent, d’expliquer les choses à ces gens, d’avoir un regard compatissant pour eux? Si nous avions vu tout le monde se démener, nous aurions compris, mais ce que j’ai vu hier était à l’extrême opposé d’une telle situation.
F2 a été un ange. Il n’y avait aucun jouet dans cette salle d’attente, que 3 livres pour enfants qui ne contenaient pas plus de 5 phrases chacun. Lorsque mon conjoint m’a téléphoné de la piscine pour me dire que Léonie s’était coincée la main dans la porte et qu’il l’amenait à l’urgence, j’ai téléphoné à mon père pour qu’il m’y amène, pris “Toutou bleu et Zoreille” et suis partie trop énervée pour songer à prendre quoique ce soit d’autre pour l’occupper.
Je vous rassure, elle n’a rien, aucun os cassé
) Elle a été formidable, ma Léo, et jusqu’à 2h30 du matin!!!
En fait, les gens dans la salle d’urgence ont tous été formidables. Ils se sont encouragés, ils compatissaient à la souffrance de leurs voisins. Mais l’indifférence des gens en poste ce soir là, l’horreur de cette réception blindée, c’est indescriptible.
Mais je ne comprends pas comment
Ps. Maintenant que j’ai vidé mon sac, je pars faire un petit roupillon et je me relirai plus tard pour corriger le texte. Comme j’enseignais à 8 heures, ma nuit n’a duré que deux heures, et la précédente n’en avait fait que trois.










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