Un peu d’exotisme

•octobre 4, 2008 • 5 commentaires

Des fois on triche, on mange dela viande. Pire : je vais chercher du McDo. Pour F2, c’est le nec plus ultra de l’exotisme.

Elle me tend une croquette et me dit, fière de la vaste étendue de ses connaissances mais un peu incertaine tout de même :

“Y’a de l’animal là-dedans, hein maman?”

C’est une chose qu’on ne s’étonnerait pas d’entendre sortir de la bouche d’un enfant de 2ans, mais à 4… Elle ne connaît pas tellement ça la viande, cette petite ;-)

Le chat

•octobre 2, 2008 • 6 commentaires

L’enfant roux me fixait de ses yeux sans âge.

― Ne regarde pas, Dee! ordonna-il avant de se retourner.

Il connaissait mon nom. La scène me paraissait si irréelle que je ne songeai pas un instant à détourner les yeux. J’entendis un sifflement.

Tête-de-feu prit le chat qui pendait au bout de sa corde par les pattes de derrière, fit quelques incisions d’un geste sûr et démembra l’animal en tirant vigoureusement sur ses membres arrières. Il y eût un craquement horrible et du sang. Cela dura bien trente ou quarante secondes qui me parurent interminables. Il ouvrit un sac de toile posé sur le sol et y jeta les pattes de l’animal puis, tenant le chat par la peau du cou, tira d’un coup sec pour lui arracher les testicules. Il déposa la chose sanglante dans une petite bourse cuir qu’il portait à la ceinture et s’essuya les mains sur sa veste.

Mes jambes se dérobaient sous moi; je m’adossais au mur du dispensaire pour ne pas tomber et me laissai glisser au sol.

― Qu’est-ce que ?…

― Je t’avais dit de ne pas regarder… me dit-il sur un ton de reproches.

Il posa le sac par terre et s’assit à mes côtés. Nous regardions tous deux droit devant. Je ne pouvais détourner le regard du chat démembré qui pendait au bout de sa corde.

― L’apothicaire m’en donne trente-cinq mille dong la paire de pattes et cinquante mille dong la paire de couilles.

Sa voix se faisait presque douce.

―C’est pour manger? Si tu as faim, je peux…

Tête-de-feu eut un petit rire cristallin qui illumina, l’espace d’une seconde, la ruelle sordide. J’oubliai le chat. Il tira de sa veste une énorme liasse de billets qu’il déposa sur mes genoux.

― Bientôt nous pourrons partir! dit-il.

Première perle de la session

•septembre 27, 2008 • 5 commentaires

“Les scientifique affirme que c’est le Big Bang qui a créé le monde, mais il y a des rumeur qui dise que Dieu a créé le monde en sept jour”

(trouvé en corrigeant une pile de copies)

Peut-être

•septembre 27, 2008 • 6 commentaires

qu’il y a quelque chose qui cloche quand c’est la vieille madame de 42 ans qui escalade le muret et fait la funambule tandis que la petite de 4 ans lui donne la main en marchant sur le trottoir.

Mais toutes à leur discussion, elles ne s’en étaient pas rendu compte jusqu’à ce qu’elles croisent le regard des passants.

;-)

Hanoï

•septembre 24, 2008 • 12 commentaires

Lorsqu’on prend le Fleuve noir par une nuit sans étoiles, on ne sait pas vers quoi on s’achemine. L’eau nous porte. Les yeux ne nous servent de rien, seul le flair laisse pressentir quelque chose du monde à trois pas devant.

J’arrivai à Hanoï au début de l’hiver par une nuit noire et épaisse qui coulait dans le fleuve tout comme celui –ci s’écoulait dans le néant. La lune montrait son deuxième quartier mais la brume était froide et lourde, tant que même de jour on n’y voyait à peine.

La Chine était proche et je le savais. D’y penser soulevait en moi une excitation sourde que je m’efforçai de contrôler.

Je débarquai dans une ville silencieuse. Depuis la Révolte des moines, les habitants se terrainent dans leurs maisons dès la nuit tombée. J’eus le sentiment de traverser une ville déserte. Pourtant les auberges étaient pleines, tant que je crus devoir me résoudre à passer la nuit dehors. C’est alors que je trouvai, à quelques rues de la Grande pagode, un dispensaire abandonné dont la porte était restée ouverte. L’état de délabrement de l’édifice ne laissait planer aucun doute : infirmières et malades avaient quitté les lieux. Je n’eus qu’à faire trois pas devant pour me rendre compte que d’autres y avaient déjà trouvé refuge. Partout des corps s’entassaient dans la pénombre, jonchaient le sol. Des familles entières vivaient là : nouveaux-nés parents, grand-parents et arrière-grand-parents. Les plus vieux semblaient pourrir sur place. Une odeur âcre d’urine me fit tourner la tête; je dus sortir un instant par une porte qui donnait sur la ruelle arrière. J’aperçus alors quelque chose comme un éclair dans la nuit. C’est là que pour la première fois je vis Tête-de-feu. Il venait de pendre un chat.

Le fleuve

•septembre 19, 2008 • 7 commentaires

Le gardien des portes a percé le secret de l’éternelle vieillesse. C’est pour cela qu’éternellement, il sourit.

Cela faisait trois mois que je ne m’étais présentée sur le seuil, là où le chat ouvre à celui qui frappe par trois fois le bâton sur la pierre faisant résonner, clair, l’appel du navigateur. Il faut alors se dépouiller et laisser tout désir de grandeur puisque c’est par le trou de sa pupille qu’il faudra passer.

Celui qui passe entre dans la Chine Substantielle, celle qui n’existe nulle part. Ce qu’il y découvre, ce sont d’abord des plages sans eau, sans mers, sans ciels. Là il s’assied à même le sol et gratte jusqu’à ce que de la pierre ruisselle enfin l’eau noire du fleuve, celui où furent déposés, dormants, les germes du monde.

Le pêcheur devra ramer lentement, debout sur sa barque de papier. S’il a de la chance, si les poils de sa canne sont nerveux et s’ils plaisent à l’esprit du fleuve, peut-être agrippera-t-elle un nénuphar ou un héron.

Prendre le temps d’installer ses petites affaires

•septembre 19, 2008 • Laisser un commentaire

Je m’installe tranquillement ici. La liste des liens a été refaite mais certains ont été mis sur mon autre blog. J’en ai probablement oublié, je vérifierai tout ça ce soir.

Échec de la laïcité

•septembre 17, 2008 • 5 commentaires

Entendu F2 chanter, hier, cette chanson d’Henri Dès :

“Restez-y messieurs, dames, sur le Ramadam dam dam”

Dédoublement de personnalité

•septembre 16, 2008 • 8 commentaires

Ça y est, c’est fait.

Ça faisait un bout de temps que j’en avais envie.

Envie d’avoir un espace consacré uniquement à la calligraphie et à l’aquarelle, un carnet ou un journal de bord où je peux noter dans les moindres détails tout ce que je fais, tout ce que j’ai envie de noter sans avoir envie de me censurer en me disant que le lecteur n’a peut-être pas tellement envie de lire mes autocritiques et qu’il s’en fout de savoir quel pinceau j’ai utlisé etc.

Idéalement, j’aimerais bien pouvoior faire tout cela sur papier, dans un vrai beau cahier. Mais c’est trop demander à une fille désorganisée, même si elle aime la calligraphie. Un espace de stockage, une interface facile à utiliser, ça aide à s’y retrouver ;-)

J’avais aussi bien envie aussi d’aller voir pourquoi tout le monde dit que WordPress, c’est tellement mieux. C’est fait, et je confirme : dès le premier regard au tableau de bord, on comprend immédiatement pourquoi c’est mieux!

Les carnets bleus

Le titre est un peu cliché, je manque cruellement d’imagination aujourd’hui. J’ai déjà importé les billets des catégories “calligraphie” et “mon cahier d’aquarelle”.

Il y aura bien sûr des doublons, je vais continuer à publier aquarelles et calligraphies ici, sans rajouter de commentaires, sans réflexions sur ce que je fais.

Sortir de la clandestinité

•septembre 16, 2008 • 18 commentaires



En créant ce blog, je n’ai pas senti le besoin de mettre une photo dans mon profil. Mais je n’ai pas été une bonne clandestine. Assumant mal un véritable anonymat, j’ai semé suffisamment d’indices pour être quand même assez facilement reconnue. La preuve en a d’ailleurs été faite : Mlle V m’a tout de suite identifiée.

Il y a peut-être un bon moment que j’aurais pu me dévoiler d’avantage mais en fille qui court tout le temps, je n’avais pas le temps de publier des photos de moi et surtout pas le goût de prendre le temps de le faire. J’en ai d’ailleurs peu puisque je suis le photographe de la famille.

Mais puisque ce la fait presqu’un an que je fréquente les blogs de certains d’entre vous, ça commençait à être un peu embarassant de ne pas me montrer le visage. Je viens donc d’aller me constituer une petite banque d’avatars que pourrai utiliser durant les trente années à venir. Des clichés pris dans le miroir d’une salle de bain mal éclairée, ce qui est bien pratique quand on n’a pas de temps à perdre avec le maquillage (dixit la fille pressée qui ne gruge pas sur ses heures de sommeil pour en prendre à se maquiller, mais c’est là un choix de vie bien personnel, il est vrai).

Inutile de prétendre que vous avez droit à toute la série, mais tant qu’à se montrer la binette après un an, autant le faire en grand.

Me voilà donc.